Le coup de cœur de Victoire, libraire
« Novembre, dĂ©cembre, janvier, elle calcule sur ses doigts en mĂŞme temps qu’elle marche. Si elle tombait enceinte ce mois-ci, ça serait pour juillet. Elle prĂ©fĂ©rerait un bĂ©bĂ© de printemps mais c’est ratĂ©. Et puis, non, c’est la saison des fruits, ça tomberait mal pour les cueillettes. Un bĂ©bĂ© d’hiver, ce serait idĂ©al, ils auraient plus de temps pour l’accueillir.
Janvier, dĂ©cembre, novembre, elle rembobine les saisons. » Une femme dont le ventre reste vide, un mari qui ne trouve pas les mots pour la rassurer, un inconnu qui frappe Ă la porte et s’immisce entre eux. La rencontre de trois solitudes, quelque part, dans une ferme. Ici, on glane des prunelles en attendant le petit fruit dans la chair, on jette ses peurs au feu, on peint pour se parler.
Dans ce deuxième roman, Marion Fayolle Ă©voque le dĂ©sir d’enfant avec une dĂ©licatesse qui n’Ă©lude pas le chagrin. Elle Ă©crit comme on rĂŞve, avec des images, des sensations et des symboles. Elle invente un monde oĂą l’on transforme ce dont les autres ne veulent pas, oĂą les amours dĂ©teignent et oĂą la poĂ©sie se cueille Ă mĂŞme le sauvage.