Quand je serai très très vieux

Auteurs : Olivier Ka et Carole Chaix ; illustratrice : Carole Chaix – éditions Notari – 2016

C’est l’histoire d’un enfant qui se prend pour un vieux. Pas n’importe lequel : le pire des vieux. Celui qui passe devant tout le monde aux files d’attentes, qui sent mauvais, qui refuse de manger, qui ne veut rien prêter… celui aussi qui prétend pouvoir démonter la Tour Eiffel, exposer ses œuvres au Musée, mélanger les arts, les formes musicales, celui qui fait des grimaces aux animaux sauvages et se sent conquérant du monde ! 

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cet élan dans la vie, cette expression de la liberté ! Quand on est petit, on n’a pas encore tous ces verrous, ces codes que la société nous inculque. L’insouciance est reine.

Adulte, on les accepte, plus ou moins conscients et contraints. On se conforme. Quand on est vieux, on n’a plus rien à perdre… alors vaille que vaille, allons-y gaiement et vivons pleinement ! Pareil que quand on est petit, avec le souci bien conscient de l’irrévérence. On est combien de temps sur la planète ? A vouloir la fabriquer, la mouler à notre image ?

D’où viennent tous ces codes, ces principes ? Le texte d’Olivier Ka est un régal à lire à voix haute, plaisir du rythme et de dire ce qui ne se dit pas, c’est jubilatoire, presque expiatoire ! Plaisir du mot qui roule dans la bouche, une vraie gourmandise, comme quand on mange des chips, des cacahuètes ou un gâteau gras et sucré. C’est mauvais pour la santé et pour la planète, mais tellement bon pour le moral. On se déculpabilise alors avec un immense délice ! Plaisir de sentir le temps qui passe quand on tourne les pages et qu’on vieillit à vitesse grand V, pour se rendre compte que si on veut, on peut rester pareil et garder son sens de l’insolence pour être réveiller dans le monde.

Les images de Carole Chaix nous emmènent dans plusieurs dimensions, elles accompagnent et nourrissent les délires d’Olivier Ka au Musée, au cinéma ou sur une autre Planète. Comme sur une fusée, on est propulsé, vitesse grand V dans l’imaginaire où on peut tout se permettre parce que de toute façon ça reste dans la tête !

C’est écrit dans le livre, au tout début : les illustrations sont faites au stylo-bille, crayons de couleurs, aquarelle et encre sur papier. Le stylo-bille est nerveux, brouillon, appuyé, le crayon de couleur, l’aquarelle sont doux et apaisants. Voilà les sentiments qui se dégagent du livre. Au tout début du livre, on voit un enfant qui part à l’autre bout du salon, à la fin… non, je me tais ! On s’aperçoit simplement que les objets du quotidien peuvent donner accès à un autre univers, dans une autre galaxie, aux confins de l’infini. C’est important les histoires qui lient les vieux et les enfants, très important. Ce livre vient à point !, 

 

Lisa Bienvenu

 

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Podcast de l’émission :

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